Europol place un universitaire espagnol sur sa liste des fugitifs les plus recherchés. Soupçonné d’avoir aidé le groupe prorusse NoName057(16), il fait face à un mandat d’arrêt international.
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CONTEXTE
Ancien enseignant de sciences politiques, Enrique Arias Gil est accusé d’avoir collecté des informations sensibles sur les infrastructures espagnoles et ses forces de sécurité. Il est également suspecté d’avoir menacé journalistes et dirigeants favorables à l’Ukraine. L’affaire illustre les liens entre activisme idéologique et cyberopérations orchestrées depuis la Russie.
Un universitaire devenu cible d’Europol
Âgé de 37 ans,
Enrique Arias Gil, auteur d’ouvrages sur l’extrémisme, a quitté
l’Espagne pour la Russie grâce à une bourse du Russian House,
institut culturel financé par l’État russe. D’après la police
nationale, il se trouverait toujours sur le territoire russe, où
les chances de coopération judiciaire sont jugées
minces.
Le juge de l’Audience nationale a lancé un mandat d’arrêt
international. Les charges retenues vont de l’appartenance à une
organisation criminelle à l’apologie du terrorisme, en passant par
la commission de dommages informatiques à des fins terroristes.
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Un relais actif de la propagande prorusse
Selon les enquêteurs, Arias Gil anime un canal Telegram baptisé Desinformador Ruso, ouvert en mars 2024. Il y diffuse communiqués et revendications de cyberattaques signées par NoName057(16)[8] et le groupe Z-Pentest[9].
Deux jours après son inscription sur la liste d’Europol, il y a publié un message défiant les autorités espagnoles, exigeant l’abandon des poursuites sous dix heures sous peine de divulguer des documents compromettants visant des responsables. Le ton menaçant ciblait directement les services de renseignement espagnols.
NoName057(16), un acteur majeur de la cyberguerre russe
Créé au début de l’invasion de l’Ukraine en 2022, le collectif NoName057(16) s’est spécialisé dans les attaques DDoS contre institutions publiques et entreprises des États membres de l’OTAN. Alimenté par des milliers de volontaires et un botnet de plusieurs centaines de serveurs, il est considéré comme l’un des groupes prorusses les plus actifs depuis deux ans.
En juillet, l’opération conjointe Eastwood, menée par l’Union européenne et les États-Unis, a neutralisé une centaine de serveurs et identifié plus de 1 100 soutiens présumés. L’Espagne avait déjà interpellé trois membres liés au groupe en 2023 pour des attaques visant des secteurs stratégiques.
L’affaire Arias Gil illustre le glissement d’un universitaire vers l’activisme cyber au profit d’une puissance étrangère. Reste une question stratégique : comment contrer l’instrumentalisation de ressortissants européens dans la cyberguerre russe ?
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