ZATAZ » Un hacker chinois arrêté pour avoir visé BTS et d’autres célébrités

Un hacker chinois, extradé de Thaïlande, est accusé d’avoir orchestré un vaste piratage ciblant Jungkook de BTS et des personnalités sud-coréennes, en exploitant les failles d’authentification télécoms.

Période d’activité : juillet 2023 – janvier 2024

Victimes : 258 personnes, dont 12 célébrités Préjudice estimé : 39 milliards wons (≈ 27,2 M€) Montant récupéré : 12,8 milliards wons (≈ 8,9 M€) Arrestation des suspects : mai 2025 à Bangkok Extradition de Jeon : 22 août 2025, Séoul

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La police sud-coréenne a arrêté un citoyen chinois soupçonné d’avoir dirigé un réseau de piratage visant des célébrités, dont Jungkook du groupe BTS. L’opération aurait compromis les données de centaines de victimes, permettant des vols estimés à près de 39 milliards de wons (≈ 27,2 M€). Les pirates ont utilisé des comptes mobiles falsifiés pour accéder à des portefeuilles bancaires, des titres financiers et des avoirs en cryptomonnaie. Grâce à la coopération entre Interpol, la police thaïlandaise et les autorités sud-coréennes, le suspect a été extradé et inculpé à Séoul. Cette affaire illustre les fragilités des systèmes d’authentification à distance exploités par le cybercrime transnational.

Une fraude ciblant les élites sud-coréennes

L’arrestation de Jeon, 34 ans, marque un tournant dans une enquête qui a mobilisé plusieurs juridictions. Selon la police, il dirigeait un groupe de pirates depuis l’étranger entre l’été 2023 et le début de l’année 2024. Leur objectif : pénétrer les systèmes de grandes sociétés de télécommunications sud-coréennes afin de collecter des données personnelles sensibles. Ces informations permettaient ensuite de créer de faux comptes mobiles, indispensables pour détourner les processus d’authentification à distance.

En quelques mois, le réseau a ciblé 258 personnes. Parmi elles, 12 célébrités, plusieurs dirigeants d’entreprise, des sportifs et des investisseurs en cryptomonnaies. L’un des cas les plus médiatisés concerne Jungkook, membre du groupe BTS. Les pirates ont tenté de liquider ses actions HYBE, d’une valeur de 8,4 milliards de wons (5,9 millions €). L’opération a été stoppée de justesse, la société de courtage ayant gelé le versement.

Le montant total du préjudice est évalué à 39 milliards de wons (≈ 27,2 M€). Une partie seulement a pu être récupérée : environ 12,8 milliards de wons (8,9 M€) ont été saisis grâce au blocage rapide de comptes frauduleux. Selon les enquêteurs, près de 25 milliards de wons (17,4 millions €) d’actifs supplémentaires ont pu être protégés in extremis.

Le mode opératoire reposait sur la création de 118 lignes téléphoniques frauduleuses au nom de 89 victimes. Ces lignes servaient à contourner les systèmes d’identification sans contact. Une fois l’accès obtenu, les pirates tentaient de vider les comptes bancaires ou de transférer des avoirs en cryptomonnaie. Les autorités estiment que la sélection des cibles se concentrait sur des profils fortunés, jugés moins susceptibles de remarquer immédiatement des anomalies.

Qui est BTS ?

BTS, également connus sous le nom de Bangtan Boys, est un groupe sud-coréen formé en 2013. Il réunit sept membres : RM, Jin, Suga, J-Hope, Jimin, V et Jungkook. Ce collectif est devenu un phénomène mondial de la K-pop, multipliant les records de ventes et d’audience. Il a été le premier groupe sud-coréen à atteindre la première place du Billboard Hot 100. Son influence dépasse la musique et touche l’économie nationale, au point d’être qualifiée de « BTS economy ». Jungkook, l’un des membres les plus médiatisés, est précisément celui qui a été visé par la tentative de fraude révélée dans cette affaire.

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Une coopération policière transnationale

L’opération de démantèlement[8] a nécessité une coordination internationale. Jeon et d’autres suspects ont été arrêtés à Bangkok en mai 2025 lors d’une mission conjointe entre la police thaïlandaise et Interpol. Le 22 août, Jeon a été extradé vers Séoul, où il a été présenté à la justice et inculpé pour piratage, fraude financière et usurpation d’identité.

Cette arrestation met en lumière les limites des dispositifs de sécurité basés uniquement sur des données d’identification numériques. Le piratage des plateformes télécoms démontre la valeur stratégique de ces infrastructures, qui concentrent l’accès à des services bancaires et à des actifs numériques. En exploitant ces maillons faibles, les cybercriminels transforment des systèmes conçus pour protéger les utilisateurs en véritables portes d’entrée.

Dans une autre affaire[9], fin août, la cyberpolice thaïlandaise a arrêté un Sud-Coréen de 33 ans à l’aéroport de Bangkok, soupçonné de blanchiment de cryptomonnaie en lingots d’or pour des réseaux de fraude internationaux. Le suspect a nié les accusations mais a déclaré à la police qu’il avait étudié en Chine pendant six ans avant de retourner en Corée du Sud pour travailler pour une entreprise qui convertissait des actifs numériques en or. Le stratagème criminel a débuté en février 2024, lorsque plusieurs victimes ont déclaré avoir été recrutées pour des missions d’engagement sur les réseaux sociaux, censées gagner de l’argent en aimant des publications et en augmentant le nombre d’abonnés sur différentes pages.

Les victimes ont ensuite été persuadées de participer à des « activités spéciales » nécessitant un investissement initial, avec la promesse de gains de 30 à 50 %.

Au départ, les escrocs proposaient des retours légitimes pour instaurer la confiance, mais lorsque les victimes investissaient des sommes plus importantes, elles se retrouvaient dans l’impossibilité de retirer leur argent du système. Après avoir découvert leur escroquerie, les victimes ont porté plainte auprès de la Division de la répression de la criminalité technologique.

L’enquête policière a conduit à l’arrestation de dix individus : cinq blanchisseurs d’argent et cinq détenteurs de comptes « mules ». Une enquête plus approfondie a permis d’identifier Han comme un acteur clé de l’opération de blanchiment.

Chaque opération de blanchiment impliquait la conversion de cryptomonnaies d’une valeur d’au moins 10 kilogrammes d’or (environ 1 million de dollars). L’analyse des comptes cryptographiques de Han a révélé qu’entre janvier et mars 2024 seulement, il a reçu environ 47,3 millions $, qui auraient été blanchis en lingots d’or pour le réseau d’escrocs.

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